Micro-entreprise ou SASU ? C’est la question n°1 de tout futur freelance. Et la réponse n’est pas la même pour tout le monde.
Dans ce comparatif détaillé, je décortique les deux statuts les plus populaires chez les freelances en 2026. Charges, fiscalité, protection, plafonds : tu auras toutes les cartes en main pour faire le bon choix.
Micro-entreprise : le statut de la simplicité
Création et formalités
La micro-entreprise se crée en quelques clics sur le guichet unique de l’INPI (formalites.entreprises.gouv.fr). Pas besoin de rédiger des statuts, pas de capital social, pas de publication d’annonce légale. En 15 minutes et 0 €, tu as ta structure.
Tu reçois ton numéro SIRET sous 1 à 3 semaines. Dès réception, tu peux facturer. C’est la voie la plus rapide vers l’indépendance.
Régime fiscal et charges
En micro-entreprise, tu paies des cotisations sociales proportionnelles à ton chiffre d’affaires. Pour les prestations de services (BNC), le taux est d’environ 21,1% en 2026. Si tu ne factures rien, tu ne paies rien. Simple.
Côté impôts, tu as deux options : le prélèvement libératoire (1,7% du CA en BNC si tu es éligible) ou l’imposition classique avec un abattement de 34% pour les BNC.
En dessous de 36 800 € de CA (seuil 2026), tu es en franchise de TVA : tu ne factures pas la TVA et tu ne la récupères pas non plus. C’est un avantage si tes clients sont des particuliers, mais un inconvénient si tu as beaucoup d’achats professionnels.
Les limites à connaître
Le plafond de chiffre d’affaires est de 77 700 € pour les prestations de services. Au-delà, tu dois changer de régime. Tu ne peux pas déduire tes charges réelles (matériel, logiciels, déplacements). Et la protection sociale est minimale : pas de droit au chômage, retraite limitée.
La micro-entreprise m’a permis de tester le marché sans prise de tête. Zéro paperasse au démarrage, et la déclaration mensuelle prend littéralement 2 minutes sur le site de l’URSSAF. Pour un débutant, c’est parfait.
SASU : le statut pour scaler
Création et formalités
Créer une SASU demande plus d’efforts. Il faut rédiger des statuts (seul ou avec un avocat/expert-comptable), déposer un capital social (1 € minimum, mais 500 à 1000 € recommandés), publier une annonce légale et immatriculer au greffe. Budget : 300 à 800 € tout compris.
Régime fiscal et charges
En SASU, tu es assimilé salarié et affilié au régime général de la Sécurité sociale. C’est une meilleure couverture, mais les charges sont plus élevées : environ 75 à 80% de charges patronales et salariales sur ta rémunération (soit pour toucher 1000 € net, il faut sortir environ 1 800 € de la SASU).
L’avantage fiscal majeur : tu peux te verser des dividendes, soumis uniquement à la flat tax de 30%. C’est ce qui permet d’optimiser ta rémunération en combinant salaire (pour la protection sociale) et dividendes (pour l’optimisation fiscale).
Tu déduis toutes tes charges réelles : matériel, logiciels, déplacements, repas d’affaires, formations. Si tu as des frais importants, c’est un avantage considérable par rapport à la micro-entreprise.
Les contraintes
La comptabilité est obligatoire et plus complexe : bilan annuel, compte de résultat, liasse fiscale. Un expert-comptable est quasi indispensable (budget : 100 à 300 €/mois selon les prestataires). Les démarches administratives sont plus lourdes.
Quand j’ai basculé en SASU, ma première surprise a été le coût des charges sur salaire. Mais en optimisant avec un mix salaire + dividendes, et en déduisant tous mes frais pro, j’ai fini par payer moins d’impôts qu’en micro. Le jeu en vaut la chandelle à partir de 70-80 000 € de CA.
Le comparatif chiffré : micro vs SASU
Prenons un exemple concret avec un freelance qui facture 60 000 € de chiffre d’affaires annuel en prestations de services.
Scénario micro-entreprise à 60 000 € de CA
Cotisations sociales (21,1%) : environ 12 660 €. Impôt sur le revenu (après abattement 34%) sur 39 600 € imposable. Revenus net après impôts : environ 42 000 à 44 000 € selon ta tranche d’imposition. Aucune charge déductible.
Scénario SASU à 60 000 € de CA
Si tu te verses un salaire de 2 000 € net/mois (24 000 € net annuel), le coût employeur est d’environ 43 200 €. Le résultat imposable (IS à 15% puis 25%) est d’environ 10 000 à 15 000 € selon tes charges déductibles. Les dividendes distribués seront taxés à 30% (flat tax).
Revenus net après impôts : environ 30 000 à 38 000 €, selon ton niveau de charges déductibles et ton optimisation. Moins que la micro à ce niveau de CA, mais avec une meilleure protection sociale.
Règle simplifiée : en dessous de 70 000 € de CA, la micro-entreprise est généralement plus avantageuse financièrement. Au-dessus, la SASU commence à devenir intéressante grâce aux déductions de charges et à l’optimisation salaire/dividendes.
L’option portage salarial
Le portage salarial mérite aussi sa place dans ce comparatif. Il te permet de facturer tes clients tout en étant salarié de la société de portage. Tu bénéficies du chômage, de la mutuelle, de la prévoyance.
Le coût : environ 45 à 55% de ton CA part en charges et frais de gestion. Sur 60 000 € facturés, tu touches environ 27 000 à 33 000 € net. C’est moins rentable financièrement, mais c’est la sécurité maximale.
Le portage est idéal si tu quittes un CDI et veux conserver tes droits au chômage en cas de coup dur, ou si tu veux tester le freelancing sans t’engager dans la création d’une structure.
Plusieurs freelances que je connais ont commencé en portage pour « garder un filet de sécurité » avant de passer en micro ou SASU. C’est une stratégie intelligente si tu n’es pas sûr de vouloir rester freelance.
Quel statut choisir selon ton profil ?
Tu te lances et tu ne sais pas combien tu vas facturer
Choisis la micro-entreprise sans hésiter. C’est gratuit, rapide, et tu pourras toujours changer plus tard. Tu n’as rien à perdre.
Tu as déjà des clients et tu factures 70 000 €+ par an
La SASU devient pertinente. Les déductions de charges et l’optimisation fiscale compensent les coûts de gestion. Prends rendez-vous avec un expert-comptable pour simuler les deux scénarios avec tes chiffres réels.
Tu quittes un CDI et tu veux garder la sécurité
Le portage salarial est fait pour toi. Tu conserves tes droits au chômage et tu testes le marché sans risque. Tu pourras toujours créer ta structure quand tu auras validé ta clientèle.
Tu veux évoluer vers une agence ou recruter
La SASU est la seule option viable. Elle te permet d’embaucher, de lever des fonds, et de structurer ton activité comme une vraie entreprise. C’est le statut du « freelance qui veut grandir ».
N’oublie pas : le choix du statut n’est pas définitif. La plupart des freelances changent de structure au moins une fois dans leur parcours. L’important, c’est de démarrer.
FAQ : les questions les plus fréquentes
Peut-on cumuler micro-entreprise et CDI ?
Oui, sauf si ton contrat de travail contient une clause d’exclusivité ou de non-concurrence. Vérifie ton contrat et préviens ton employeur par courtoisie.
Peut-on passer de micro à SASU sans tout refaire ?
Techniquement, tu fermes ta micro-entreprise et tu crées ta SASU. Tes clients ne verront pas de différence. Ton numéro SIRET changera, mais tu peux garder ton nom commercial.
Faut-il un expert-comptable en micro-entreprise ?
Non, ce n’est pas obligatoire et généralement pas nécessaire. Un bon outil de facturation et un suivi rigoureux suffisent. En revanche, en SASU, un expert-comptable est quasi indispensable.